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Article : évolution du chien domestique vers une alimentation végétarienne ?

 

évolution du chien domestique vers une alimentation végétarienne ?

 

Bonjour à toutes et à tous,
Avant toute chose, il faut être honnête avec soi-même et reconnaître que la décision de nourrir un chien sans chair animale (végétarisme) est prise à son insu, pour des raisons qui lui sont totalement inconnues et hors de sa compréhension (religion, philosophie, politique, diététique, etc.). En chercher ou justifier le fait par une descendance d'un herbivore, par exemple, serait bien peu scientifique car ce n'est pas ainsi que fonctionne l'évolution des espèces : le chien descend aussi du poisson alors qu'il lui est impossible de vivre même une heure dans l'eau (fatigue et noyade rapides).

Par contre, il s'avère que c'est possible pour de bien meilleures raisons, beaucoup moins discutables. Ayant travaillé plus d'un an sur la problématique des déjections canines dans l'espace publique il m'a bien sûr fallu en étudier ce qui les provoque : l'alimentation, sous toutes ses formes et sans a priori.

Celle qui m'a posée le plus de problème a été l'alimentation végétarienne parce qu'il ne m'a pas été possible de conclure sur une évolution naturelle vers ce type d'alimentation. C'est néanmoins un fait tant les chiens nourris végétariens sont nombreux, qu'ils n'ont pas plus ni moins de pathologies que les autres, ni d'espérance de vie meilleure ou amoindrie, pour la plupart.

Déj à, nous avons l'exemple d'un carnivore ayant fait évoluer son alimentation vers le végétarisme quasi exclusif : le Panda géant. Il reste pourtant un carnivore (mâchoire, dentition, digestion). En tant que tel, comme la grande majorité des carnivores, la digestion des hydrates de carbone (glucides) lui est difficile. Pour contourner le problème, le Panda géant passe plus de 14h par jour à se nourrir, très lentement, pour éviter la surproduction de l'amylase au niveau de son pancréas (digestion des glucides), ce qui pourrait lui être fatal.

Au niveau des canidés, on trouve des régimes intermédiaires, quasi omnivores, comme le coyote ou le loup à crinière. Mais aucun ne pourrait être nourri sans chair animale. Quant au loup gris, même un régime omnivore lui serait fatal.
ç Mais bien sûr le chien ne descend pas du loup... Deux études ADN indépendantes ont conclu fin 2013 que le chien et les loups sont deux branches bien distinctes. De toute façon le chien a une caractéristique spécifique qui est d'être un animal domestique, le premier animal domestiqué par l'homme, des milliers d'années avant tout autre. Ce seul fait va faire toute la différence.

D'abord, la domestication, chez tous les animaux domestiques, provoque ce que l'on appelle une " néoténie ", c'est- à-dire la conservation de caractéristiques juvéniles au stade adulte. Ce peut être comportemental (remuer la queue et aboyer, demande de régurgitation, etc) mais aussi anatomique. Un animal domestique n'ayant généralement plus à s'inquiéter de sa nourriture, et vivant dans une bien plus grande sécurité qu' à l'état sauvage, certaines caractéristiques anatomiques ne se développent pas, un peu comme bloquées à un stade " adolescent ". La mâchoire du chien est ainsi la plus faible des canidés à gabarit équivalent. Sa dentition ne compte que 36 dents de laie contre 38 chez le louveteau. À l'âge adulte, elles sont également nettement moins développées, surtout les canines, que les canidés sauvages (toujours à gabarit équivalent). Mais l'aspect le plus flagrant est l'os frontal dont le développement ne se termine pas, amenuisant notablement les facultés prédatrices du chien (vue, odorat, cerveau). Et effectivement le chien est de loin le canidé le moins performant en matière de chasse pour son compte.

Quel rapport avec l'alimentation me direz-vous ? Si ces caractéristiques néoténiques anatomiques se sont développées, surtout l'os frontal, c'est bien que le chien a eu de moins en moins besoin de chasser pour lui. Donc s'est adapté à l'alimentation dont il disposait. Laquelle ?
D'abord celle des chasseurs-cueilleurs, il y a 20 à 30 000 ans. De la viande certes, mais aussi des végétaux, des fruits, de l'alimentation cuite, du bouillon. D'autant que l'intérêt de la cuisson des légumes et autres végétaux est de les rendre plus digestes, même pour l'homme. Ensuite celle de la sédentarisation (néolithique, environ 9 000 ans), avec l'accès à des céréales, des produits transformés (charcuterie, huiles végétales, préparations culinaires). Pourtant, le peu d'intérêt porté au chien au niveau alimentaire jusqu' à il y a peu n'a pas permis d'en définir une alimentation " saine " ou adaptée.

À ce stade on ne peut que conclure que le chien n'est ni un omnivore (de nombreux aliments lui sont nocifs), ni un végétarien. On peut juste dire qu'en tant qu'animal domestique (dépendant de l'homme pour son alimentation), il a réussi a s'adapter, tant bien que mal, à d'autres principes alimentaires que ces cousins sauvages. On peut citer le fait de pouvoir digérer des protéines végétales presque aussi bien que les protéines animales, de s'être acclimaté à la présence de glucides, d'arriver à tolérer correctement des amidons (ce qui relève presque de l'exploit), de tirer parti d'huiles végétales non pour son alimentation mais son homéothermie (besoin de devoir réguler sa température interne). Ce qui fait dire que le chien peut-être végétarien repose seulement sur deux constats ;
- Des chiens ayant développé des allergies à la viande, via l'alimentation industrielle notamment, adoptent assez facilement un régime végétarien, seul à même de leur donner un peu plus d'espérance de vie.
- Des végétariens ayant fait adopter ce régime à leur chien ne provoquent généralement pas plus de problèmes de santé qu'avec une autre alimentation. Certains chiens vivent même très vieux et en très bonne santé nourris ainsi.
Mais, d'une manière générale, ce type d'alimentation, végétarien, manque cruellement de supports documentés fiables et convergents. Il ne peut que résulter d'un choix personnel, imposé au chien en tant qu'animal domestique.

 


Bonne Bouffe, Bon Chien.
Eric Laborde, comportementaliste animalier, spécialiste du chien.

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