Rencontre avec la brasseuse de bières véganes La P’tite Martial

 dans Actualité, Entreprises / Start Up, Portrait

Cela fait bientôt trois ans que La P’tite Martial a démarré son activité de brasseuse de bières biologiques et véganes au cœur des Chartrons (qui est historiquement le quartier des négociants en vins à Bordeaux!). Pour vous, Vegan France s’est entretenue avec Lidya Servary, une femme passionnée par son métier, afin qu’elle puisse nous parler de son activité et des valeurs qui s’y rattachent…

Pouvez-vous nous raconter votre parcours, et de quelle manière l’aventure de « La P’tite Martial » a commencé?

En 2015 cela faisait environ huit ans que je brassais des bières moi-même en tant que bénévole, au sein d’un petit théâtre, parallèlement à mon métier d’éducatrice spécialisée. Cela m’a permis de me perfectionner et de faire connaitre mon savoir-faire dans mon entourage. Il faut dire que l’idée d’ouvrir un bar à bières me trottait dans la tête depuis une vingtaine d’années. J’ai donc décidé de sauter le pas et d’entamer une reconversion professionnelle à l’âge de 57 ans!

Lydia Servary, créatrice de La P’tite Martial.

Créer une brasserie au cœur même d’une région viticole est un projet ambitieux. Avez-vous rencontré des difficultés pour vous tailler la part du lion et pour commercialiser vos produits?

Je n’ai rencontré aucune difficulté particulière. Le milieu des brasseurs, bien qu’étant essentiellement masculin, est extrêmement familial. Je ne me considère en concurrence avec personne. L’entraide est d’ailleurs de rigueur entre-nous. Lorsque j’ai démarré mon activité en 2015 nous n’étions que neuf en Gironde. Aujourd’hui nous sommes vingt-huit à exercer. C’est bien la preuve que la solidarité et le partage fonctionne! Pour ce qui concerne mes livraisons de produits, j’utilise même mon triporteur électrique pour les courte-distance.

En parcourant le site, on peut tomber sur le Label Eve Vegan, créée par l’association Vegan France. Un label plutôt surprenant pour un produit tel que la bière! Pouvez-vous nous expliquer les raisons qui vous ont poussée à arborer le Label Eve Vegan? Existe-t-il des différences notoires entre les bières veganes et les bières non véganes?

C’est en fréquentant le Rest’O (un restaurant 100% bio situé sur le Quai de Bacalan à Bordeaux) que le véganisme est venu jusqu’à moi. L’un des clients de l’établissement m’a suggéré d’adopter le label Eve Vegan, étant donné ma grande transparence concernant mes bières, et le 100% bio qui y est étroitement lié. Il faut savoir que bon nombre de marques de la grande distribution utilisent de l’alcool de poisson afin de rendre leur bière plus limpide. La gélatine de porc ou de bovin y est également utilisée comme clarificateur. Caséine, protéine, albumine, etc… la liste est longue. En bref, lorsque ce client m’a suggéré le label Eve Vegan, je me suis rendu compte que je confectionnais des bières 100% véganes sans même le savoir! De plus, Bordeaux est apparemment la deuxième ville végane de France après Paris. Le Label EveVegan s’imposait de lui-même.

Où peut-on se procurer votre gamme de bière à l’heure actuelle? Privilégiez-vous des circuits particuliers pour distribuer vos produits?

Mes bières sont disponibles dans certains restaurants, chez des cavistes, dans des AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), au travers des Biocoop aussi, et avec le concours de la Ruche qui dit oui également. Je privilégie par choix les circuits courts. La grande-distribution ne m’intéresse pas.

Vous semblez très active dans la communication et le partage, à travers le Bordeaux Beer Tour notamment. Pouvez-vous nous expliquer le concept d’un tel événement?

Deux visites sont organisées tous les mois, et se répartissent sur quatre brasseries. Les visiteurs, après s’être inscrits sur Internet, peuvent déguster nos bières et s‘ouvrir à l’histoire ancestrale du métier de brasseur. Les anecdotes ne manquent pas, ce qui est tout à fait normal pour un métier qui existait déjà il y a huit milles ans avant Jésus-Christ! D’ailleurs, saviez-vous qu’à cette époque la brasserie était un domaine essentiellement tenu par… des femmes?! On appelait ça du pain liquide autrefois. C’était une autre manière de faire. Depuis les choses ont bien changé.

Un petit mot pour les 14 000 personnes qui suivent régulièrement notre page Facebook?

N’oubliez pas de vivre vos rêves, et d’aller de l’avant. Ce qui est positif de nos jours, c’est que plus en plus de jeunes s’intéressent à la bière et au métier qui s’y rapporte. Il est important pour ces derniers de se faire le palais, d’entretenir une certaine éducation au goût, et d’éviter les supercheries des grands industriels. Enfin, au-delà de la passion, il ne faut pas oublier le partage également. Pour exemple: Jean-Paul, le parrain actuel de ma brasserie, fût mon formateur lors de mon apprentissage au Musée Français de la Brasserie, à Saint-Nicolas de Port. Sa grande expérience (il est petit fils, fils et ancien brasseur lui-même) m’a été très prolifique.

La P’tite Martial : https://laptitemartial.com/

Propos recueillis par Sylvain Bernière, pour Vegan France.

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