ISO 23662 : La future norme rejetée par les associations véganes

Il est impératif que la communauté végane reste vigilante. Maintenant que le marché des produits végétariens et véganes est sorti de sa niche, nous devons à tout prix empêcher que des produits et des services soient étiquetés à tort comme étant véganes.

Le projet ISO 23662, initié en 2018, vise à fournir des définitions et des critères techniques à remplir pour que les denrées alimentaires et ingrédients soient adaptés aux végétariens (y compris pour les alimentations ovo-lacto-, ovo- et lacto-végétariennes) ou aux végétaliens. Il fixe également des exigences pour l’étiquetage des denrées alimentaires et les allégations. Il est destiné à être appliqué dans le cadre de la communication interentreprises (B2B), dans le commerce agroalimentaire, et pour ce qui concerne l’étiquetage des aliments et les allégations.

Une norme végane qui n’implique la participation d’aucune association végane

On pourrait croire à tort qu’une norme largement adoptée est la meilleure et la plus rigoureuse. C’est une erreur. Les entreprises sont légalement tenues de maximiser les profits pour les actionnaires ; lorsqu’elles examinent quelles normes végétaliennes adopter, leur principal critère n’est pas de savoir si elles permettent de réaliser au mieux la vision végétalienne, mais de savoir laquelle coûtera le moins cher à mettre en œuvre. Malheureusement, cela se traduit par une norme qui a le moins de restrictions et qui favorise une mise en œuvre avec le moins de changements.

Les critères redéfinis par le groupe de travail de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) pour ce qui est approprié pour les végétaliens, sont en fait inacceptables pour les végétaliens. Les comités d’experts impliqués dans la rédaction de la norme ISO n’ont la plupart du temps aucune familiarité avec les questions relatives au véganisme. Il est de la plus haute importance d’avoir des experts en matière de végétalisme et sans conflit d’intérêts lorsqu’il s’agit d’élaborer des normes de végétalisme. Nombre des personnes qui ont participé à la rédaction de la norme ISO-23662 sont directement ou indirectement rémunérées par de grands fabricants de produits alimentaires, et n’ont aucun lien avec la communauté végétalienne.

Pour répondre à ce projet, les organisations végétaliennes européennes travaillent ensemble pour établir une norme internationale commune.

Les principales raisons du rejet de la norme ISO 23662

La norme ISO 23662 est incompatible avec la vision commune des associations véganes, elle ne sera pas reconnue ou acceptée en l’état. La norme ISO-23662 permet ce qui suit pour l’étiquetage des produits véganes :

  • L’expérimentation animale des ingrédients lorsque le cadre réglementaire l’exige (la norme ne définit pas ce que signifie « exigé » ; le fait que la norme ne comporte aucune exigence de conformité signifie qu’à toutes fins utiles, l’expérimentation animale est autorisée)
  • L’expérimentation animale lorsqu’elle n’est pas effectuée par un exploitant du secteur alimentaire (FBO)
  • OGM utilisant des gènes animaux ou des sous-produits animaux
  • Emballages fabriqués à partir d’animaux ou de sous-produits animaux
  • Norme réservée aux produits alimentaires, aucun projet pour l’inclusion des produits non-alimentaires (textile, cosmétique, produit d’hygiène etc. )
  • Aucune exigence de conformité (c’est à dire que les entreprises ne sont tenues de faire qu’une « auto déclaration », pas de contrôle régulier par un organisme tiers indépendant.)

 

Le premier point est crucial. De nombreuses sociétés, si ce n’est toutes, voudraient nous faire croire que les animaux utilisés à des fins d’expérimentation ne sont pas tués uniquement pour le plaisir, mais que tous les tests sur les animaux qu’elles effectuent sont obligatoires. Par conséquent, le premier point tolère le statu quo et les pratiques actuelles resteront inchangées.

Le dernier point est également important. Comme mentionné, les entreprises cherchent à maximiser leurs profits et toute norme légitime qui pourrait être utilisée pour l’auto certification devrait garantir, en partie, que le fort intérêt à générer des profits ne l’emporte pas sur la conformité. Les entreprises qui souhaitent auto certifier leur produit selon la norme ISO-23662 pourraient décider de n’avoir aucune structure de conformité. Avec ce type de norme laxiste, il est raisonnable de penser que cette décision pourrait être prise à pile ou face.

L’association Vegan France rejette la norme ISO 23662

Le rejet de ce projet est nécessaire car il n’y a pas d’utilisation légitime de la norme ISO-23662. L’association Vegan France, par les moyens acquis de son service de certification Expertise Végane Europe , refusera de certifier les produits ou services qui font une déclaration au titre de la norme ISO-23662. Tout organisme de certification qui utilise la norme ISO-23662 ne sera pas autorisé à être doublement certifié par notre organisme.

Vegan France exprime donc sa position, en accord avec la position de la Vegan World Alliance (coalition d’associations anglophones). La coalition des associations véganes européennes feront également entendre leur position prochainement. Une campagne sur le Vegan Standard à déjà été lancée.

Nous invitons les consommateurs véganes et citoyens qui soutiennent le développement des produits véganes à faire entendre leur désaccord avec cette norme.

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