Le véganisme et le recyclage, dans un souci d’éthique et de respect de l’environnement, ont toujours été étroitement liés, dans un souci d’éthique et de respect de l’environnement. C’est avec ce brassage de valeurs que Vegan France est parti à la rencontre de Jennie, créatrice de la marque FANTOME et grande gagnante du concours Vegan Award France organisé par le salon VeggieWorld Paris en octobre dernier. Lumière sur cette jeune femme passionnée par les circuits courts et le recyclage créatif…

Le sac Fantôme lauréat du Vegan Award France 2018 organisé par le salon Veggie World.

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Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel, et ce qui vous a conduit à évoluer dans les matières recyclées?

J’ai initialement suivi une formation en couture et en stylisme. Une formation que je n’ai point fini car cette immersion professionnelle m’a permis de me rendre compte que je n’aimais pas certains aspects de ce métier, à savoir : la rentabilité, et le rythme trop soutenu, qui s’articule principalement autour de l’obsolescence programmée des vêtements. Pour moi cela était tout simplement incompatible avec mon éthique personnelle.

Par la suite, j’ai enchaîné les stages dans l’élaboration de costumes de scène, puis dans le milieu orthopédique, où j’étais chargé de concevoir des sous-vêtements pour femme. Mais mon éthique était toujours bien présente. Du coup, avec le concours de mes parents, nous avons monté notre propre boutique d’articles Made in France en 2010. Cette dernière existe toujours, elle est située à Bordeaux et s’appelle Wan. FANTOME est venu quelques années plus tard, en 2014. De là, je me suis d’avantage positionnée sur des demandes ciblées, comme les sacs à dos par exemple, en renforçant la communication avec l’acheteur. C’est une démarche que j’aime beaucoup, celle d’être à l’écoute, et de réagir selon les réactions et anecdotes des clients. Il y a une vraie démocratie entre nous.

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Remise du Vegan Award France 2018 à Jennie de la marque FANTOME en octobre dernier au salon Veggie World Paris.

Recycler des chambres à air de vélo n’est pas anodin. Qu’est-ce qui vous a amené à vous inscrire dans une telle démarche?

Le recyclage existe depuis longtemps, c’est un fait, mais il est hélas souvent situé loin de chez nous, en Asie par exemple. Ce qui est dommage, car les matériaux de recyclage existent aussi chez nous. Je fais du vélo depuis longtemps, et l’idée de «sur cycler» les chambres à air m’est venue tout naturellement. J’aime beaucoup la couleur noire, et le rendu de ce caoutchouc recyclé donne une gamme de sacs vraiment très élégante. Nous avons d’excellents retours de clients, notamment sur les salons, qui restent persuadés qu’il s’agit de sac en cuir. De plus, la chambre à air est un matériau résistant et étanche, qui dure dans le temps. Son entretien est facile et ne nécessite que de l’eau et du savon de Marseille.

Le mot «FANTOME» en lui-même n’est pas un hasard. Il s’agit d’un mot qui fait référence à une fabrication elle aussi française. De plus, dans la culture populaire le fantôme se déplace sans laisser de trace sur terre. Il y a donc une analogie forte avec une ligne de conduite écologique.

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Les créations de FANTOME sont réalisées à partir de chambres à air recyclées.

Votre circuit de confection est presque exclusivement hexagonal, avec seulement quelques prestataires au sein de l’Union Européenne. Avez-vous rencontré des difficultés pour sa mise en place et son fonctionnement ?

Fort heureusement, il y a encore pas mal d’ateliers de confection en France, et cela n’a pas été trop difficile de trouver un savoir-faire inhérent à notre activité. Le travail de transformation du caoutchouc est, néanmoins, relativement long. Nous avons donc monté notre propre atelier à côté de Bordeaux afin de garder la mainmise sur nos différentes créations. Ca n’a pas été facile car nous n’étions pas maroquinier à la base. Il a fallut nous former, sur une période d’une année environ. Mais nous y sommes arrivés, à force de ténacité. À part quelques pièces, notamment métalliques, notre production est majoritairement hexagonale, ce qui est une bonne chose!

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Photo : Nidimages Works – Photography pour FANTOME.

Où les gens peuvent-ils se procurer vos créations?

Nous vendons sur les foires, mais aussi sur les salons, et bien entendu sur Internet. Nous avons également établi des partenariats, un peu partout en France, avec des revendeurs et des boutiques, dont la liste est consultable sur notre site.

Que souhaiteriez-vous développer à l’avenir pour la marque FANTOME ? Avez-vous des projets annexes?

Parallèlement à nos gammes de sacs et de portefeuilles, nous commercialisons aussi des t-shirts et des chaussettes en coton bio, fabriqués en France. C’est une démarche que j’apprécie beaucoup. J’aimerais, dans l’avenir, pouvoir développer d’autres matières végétales comme le lin et le chanvre, ainsi que des fibres faites à partir de plastique recyclé. J’ajouterais enfin qu’actuellement les feutrines qui composent nos sacs sont recyclées à hauteur de 50%. Nous espérons bien atteindre les 100% dans un futur assez proche. S’inscrire dans un recyclage dynamique est essentiel pour moi !

Photo : T-shirt made in France 100% coton par FANTOME.

Consultez la fiche de la marque FANTOME sur l’Annuaire Végane.

 

Article par Sylvain Bernière pour l’association Vegan France.

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