L’avocat et sénateur végétalien du New Jersey, Cory Booker, a récemment annoncé sa candidature à la présidence des États-Unis de 2020. Booker, qui serait le premier président végétalien si sa campagne était couronnée de succès, a présenté par exemple l’an dernier un projet de loi pour tenter de réduire le nombre d’expériences menées sur les singes. Son engagement personnel en faveur du respect de tous les animaux s’incarne dans ses différentes prises de paroles et publications sur les réseaux sociaux.

Végétarien depuis 20 ans, Booker a récemment adopté un mode de vie végétalien et utilise régulièrement son fil Twitter pour promouvoir le véganisme.

En 2017, Booker a également annoncé le projet de loi sur la justice environnementale, qui renforce la protection des communautés de couleur, des communautés à faible revenu et des communautés autochtones.

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Cory Booker et le musicien végane Moby.

La conscience végétalienne grandit.

Dans un discours sur le véganisme au VegFest, Booker a dit : « La conscience végétalienne grandit dans notre pays et tous ces gens, quel que soit leur régime, deviennent plus conscients de l’environnement, conscients de la justice pour les animaux, contre la cruauté envers les animaux, conscients de leur santé. »

Ce candidat incarne un progrès manifeste des mentalités des hommes politiques sur la question animale aux États-Unis. Pendant ce temps en France… le ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy publie une photo d’entrecôte de bœuf en réaction à l’opération « lundi vert ». La prise de conscience de nos élus pourrait-elle venir grâce à ce nouveau candidat et futur président  ? (Voir également notre article sur Bill Clinton, ancien président américain devenu végétalien en 2010)

Extrait de l’interview de Cory Booker sur VegNews

VegNews : Compte tenu de ce qui est raisonnablement réaliste, qu’aimeriez-vous accomplir sur le plan législatif pour les animaux et le véganisme ?
Cory Booker:  Il y a des intérêts corporatifs très puissants qui essaient de lutter contre ce changement, alors que nous, Américains, ne voulons pas nous engager dans des activités qui n’appuient pas nos idées fondamentales de justice et de liberté. Donc, sur le plan législatif, je veux continuer à faire partie d’un mouvement de gens qui luttent contre les intérêts des entreprises qui minent le bien public et le bien-être public. Je vais donc continuer d’appuyer les projets de loi qui portent sur la santé publique, par exemple de l’administration de tous ces antibiotiques aux animaux qui menacent littéralement la sécurité des Américains.

Je crois que les Américains se soucient de la cruauté envers les animaux, et c’est pourquoi vous êtes témoin de mouvements publics pour arrêter la mise en cage des porcs, ce qui est nuisible et viole nos valeurs collectives en tant que pays. Je pense que le pouvoir des entreprises ne devrait pas étouffer la concurrence. C’est pour ça que je me suis levé. Et nous ne devrions pas essayer de nuire aux industries – que ce soit l’industrie du lait aux amandes par l’industrie laitière, ou bien Veganaise ou Just Mayo qui ont été attaquées par l’industrie des œufs parce qu’elle n’aime pas la concurrence. Ils ne devraient pas avoir le droit de miner cela. Il y a donc beaucoup d’appui bipartite pour les projets de loi sur le bien-être des animaux, y compris certaines mesures législatives que je dois adopter pour limiter les combats d’animaux. L’interdiction des tests de produits chimiques sur les animaux vivants est une grande victoire que j’ai pu remporter par-delà les lignes de parti. Je pense donc qu’il y a beaucoup de mesures législatives que nous pourrions adopter pour empêcher que le pouvoir des entreprises ne règne sur le pouvoir des individus.  Il y a un élan pour faire ce qu’il faut sur le plan législatif, et je continuerai de faire partie d’un leadership qui se bat pour ces choses et qui fait en sorte qu’elles se concrétisent.

Booker affiche également du contenu « pro-vegan » sur son Instagram, devant une communauté de plus de 588 000 personnes. Il a sous-titré la photo ci-dessous : « Si nous voulons transmettre un monde sain et durable à la prochaine génération, nous devons avoir commencé hier. Aujourd’hui, il n’est pas trop tard. »

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Via @risingtidena⠀ ⠀ We need to do everything we can to make sure this #tenyearchallenge is not the reality of our planet in 2029. ⠀ ⠀ If we want to pass on a sustainable healthy world to the next generation, we need to have started yesterday. Today's not too late. #GreenNewDeal. We must have compelling, inspiring, igniting goals. Let's get it started.

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Article original :https://www.plantbasednews.org/post/vegan-senator-cory-booker-run-for-president-2020

Article et traduction par Hélène Modrzejewski pour l’association Vegan France

Le 42eme président des Etats-Unis nous explique comment nous pouvons (et devons, pour notre santé) apprendre à aimer aussi les légumes.

Joe Connason, journaliste : « Quand Bill Clinton m’invita à déjeuner au mois de mai dernier, je savais bien que je ne devais pas m’attendre à du poisson-chat frit ou à des côtes de porc sauce barbecue. .. L’ex-président est désormais un végétalien dévoué, ce qui veut dire qu’il ne consomme ni viande, ni poisson, ni produits laitiers, et cela fait plus de trois ans qu’il vit une vie plus saine. Bien que je me disais alors que le menu serait fade, cela me donnait une bonne occasion de passer un moment en privé avec un homme ayant dirigé le monde. »

Photo originale de l’article (Ben Baker) – Bill Clinton avec la présentatrice Ellen Degeneres, une autre végétalienne célèbre aux Etats-Unis.

« Finalement, Clinton, en pleine forme, parfaitement apprêté et vêtu, était le même que j’avais connu durant les deux décennies passées à suivre sa carrière. Et le menu fade ? Comme j’avais tort.

Alors que nous entrons dans une pièce privée avec vue sur le Rockefeller Center de Manhattan, je suis frappé par un kaléidoscope d’une douzaine de plats délicieux : du chou-fleur rôti, des tomates cerises, du quinoa aux herbes et épices avec des oignons verts, de la betterave râpée à la vinaigrette, du houmous à l’ail avec des bâtons de légumes, une salade de haricots à l’asiatique, un assortiment de noix grillées, des assiettes de melons coupés et de fraises, et des fèves mélangées à des oignons dans de l’huile d’olive extra-vierge.

Le banquet donne un sens nouveau à l’expression cliché  » Mangez vos légumes ». Et c’est exactement ce que Clinton, qui s’occupe du problème d’obésité en Amérique avec autant de passion que lorsqu’il était président, veut.

Me voyant bouche bée, il sourit. « Ça a l’air bon, n’est-ce pas ? » me demande-t-il. Ça a l’air plus que bon. Nous nous asseyons et commençons à nous passer les plats, avec délectation. Il apprécie particulièrement le quinoa ; moi, j’ai aimé le chou-fleur rôti et les haricots ; et nous avons tous deux apprécié les fèves.

Vers un régime plus sain

À 66 ans, Bill Clinton voyage toujours et travaille à un rythme qui épuise complètement des assistants de vingt ou trente ans de moins. Pourtant, alors qu’il gère ses problèmes de cœur et les autres problèmes inhérents au fait de prendre de l’àge, il est parvenu à changer radicalement son régime, a perdu près de 14 kilos, sans jamais les reprendre. S’il peut le faire, peut-être que nous autres aussi (dont les habitudes alimentaires et les dépenses médicales l’inquiètent énormément), pouvons le faire.

La première fois que j’ai remarqué un changement dans les habitudes de Clinton, c’était à Capetown, en Afrique du Sud, en juillet 2010. Je couvrais son incroyable carrière post-présidentielle depuis 2005, l’interviewant fréquemment et voyageant avec lui à travers l’Afrique, l’Europe, le Moyen-Orient et les Etats-Unis. Nous nous apprêtions à dévorer un repas préparé par un restaurant renommé, dans la suite de l’ex-président. Assis près de lui, j’ai regardé son assiette et je n’y ai vu ni steak, ni crevettes, ni poisson, ni poulet. Juste des ramen et un tas de brocolis.

« Vous n’allez manger que ça ?  » Ai-je demandé.  » Tout à fait, » me répondit-il.  » J’ai arrêté de manger de la viande, du fromage, du lait et même du poisson. Aucun produit laitier.  » Il me sourit et tira sur son bracelet.  » J’ai perdu plus de huit kilos, et je vise les 14 avant le mariage de Chelsea. Je me sens tellement plus énergique ! Je me sens vraiment bien.  » Il est parvenu à atteindre son poids idéal à temps pour le mariage de sa fille le 31 juillet 2010.

Bill Clinton sur le livre « Prévenir les maladies cardiaques » du docteur Caldwell Esselstyn, cardiologue spécialiste du régime alimentaire végétalien.
 

Clinton a décidé de changer un matin de février 2010, où il s’est réveillé fatigué. Son cardiologue l’a rapidement envoyé à l’hôpital presbytérien de New-York, où il fut opéré d’urgence pour qu’on lui place deux stents. Une de ses veines avait rendu l’âme, une complication fréquente après un quadruple pontage, comme il a subi en 2004.

Lors d’une conférence de presse après cet événement, Clinton raconta que ses docteurs ont essayé de  » rassurer le public que je n’étais pas sur le point de mourir, et ils ont alors dit que c’était quelque chose d’assez normal.  » Peu après, il reçut un email « foudroyant » de Dean Ornysh, l’expert reconnu des régimes et maladies cardiaques.
 » Oui, c’est normal,  » écrivit Ornish, un vieil ami, « Parce que des imbéciles comme toi ne mangent pas comme ils le devraient. »

Poussé par ça, Clinton commença par relire le Program for Reversing Heart Disease, du professeur Dean Ornysh, qui préconise un régime strict, pauvre en matières grasses et à base de plantes, ainsi que deux autres livres, encore plus orientés vers le véganisme : Prevent and Reverse Heart Disease, par le docteur Caldwell Esselstyn, et The China Study, par le biochimiste de Cornell, T. Colin Campbell. Lorsque j’ai fait une crise cardiaque en novembre 2010, Clinton m’a fait parvenir ces trois ouvrages.

« J’ai compris que j’étais une personne à risque et je ne voulais pas prendre ça à la légère. Et je voulais être grand-père » dit Clinton. « Alors j’ai décidé de commencer un régime qui allait maximiser mes chances de survie à long terme. »

Passez-moi le quinoa

Tandis que nous parlons, Clinton prend un réel plaisir à chaque bouchée, se resservant du quinoa et des fèves. Il a toujours grand appétit, mais ce qu’il aime désormais manger est bon pour lui. Cela fait montre de la discipline dont il a fait preuve du jour au lendemain, motivé non seulement par son propre désir de vivre, mais aussi par les objectifs qu’il veut atteindre avec sa fondation. Soucieux de l’augmentation des maladies liées au régime alimentaire des américains de tout âge, Clinton et sa fondation sont bien décidés à faire la promotion d’un style de vie plus sain, avec ce qu’il considère comme un effet d’une portée considérable sur les finances de la nation, la qualité de vie et même les changements climatiques, exacerbés par la production de viande.  » Je voulais faire ça parce que mon travail sur la santé est de plus en plus important pour moi,  » dit-il.

Pour la plupart des américains de la génération de Clinton, et particulièrement ceux qui, comme lui, ont grandi dans des lieux comme l’Arkansas, où les côtes de porc et le poisson-chat grillé dominent la cuisine locale, arrêter la viande, le poisson et les produits laitiers ressemble à une privation radicale. Mais Clinton s’est adapté rapidement. « Le plus difficile pour moi, bien plus que d’abandonner la viande rouge, la dinde, le poulet et le poisson, fut d’arrêter les yaourts et le fromage, » dit-il. « J’adore ces trucs, mais la différence a vraiment été considérable quand je l’ai fait. »

Il n’a plus envie de steaks, mais le pain reste un piège potentiel. « Les glucides lourdement transformés, il faut y faire très attention. » nous dit Clinton. Lorsque Caldwell Esselstyn vit une photo de lui sur Internet, en train de manger un petit pain lors d’un banquet, le docteur lui envoya un email bien tranchant : « Je vais te le dire encore une fois, j’ai traité de nombreux cas de maladies cardiaques chez des végans. »

Le menu du jour de Clinton

Aujourd’hui, dans la résidence des Clinton de la banlieue de Chappaqua, New York, le responsable de maison Oscar Flores prépare des repas simples pour Bill et Hilary, qui a décidé elle aussi de manger plus sainement après avoir fini de traverser le monde en tant que secrétaire d’étant du président Obama.

Pour Bill Clinton, le petit déjeuner est presque toujours un smoothie au lait d’amande, mélangé avec des fruits rouges frais, de la protéine végétale et de la glace. Le déjeuner est généralement un mélange de salade verte et de fèves ou de haricots. Il s’autorise des noix (« c’est du bon gras ») ou du houmous et des légumes crus l’après-midi, et le dîner inclue généralement du quinoa, et parfois un burger végétalien.

L’ancien président a un conseil pour ceux qui aiment la nourriture riche en féculents : « Vous pouvez vous faire du chou-fleur battu en lieu de purée de pommes de terre, et c’est très bon. » Une fois par semaine, environ, il mange du saumon organique ou une omelette faite à base d’œufs renforcés en omega-3, pour maintenir un bon niveau de fer, de zinc et une bonne masse musculaire.

En plus de son changement de régime, Clinton marche aussi entre 3 et 5 kilomètres par jour, en extérieur, autant que possible ; et il se muscle avec des poids et utilise une medecine ball, pour garder l’équilibre. Et, bien entendu, il continue de jouer au golf, se déplaçant toujours sans voiturette.

Où qu’il aille, Clinton constate que les alternatives végétariennes et végétaliennes sont de mieux en mieux acceptées. Lors d’une récente visite en Afrique du Sud, le président Péruvien et son épouse ont invité Clinton à dîner. « Ils m’ont fait un repas complètement végétalien rien que pour moi et ont mangé comme ça aussi. » Ils avaient visiblement révisé leur sujet : la pièce maîtresse, se souvient Clinton, était un « incroyable plat à base de quinoa. »

Alors que nous finissons notre repas, le nouveau Role Model prend des fruits en tant que dessert. Puis il me donne un dernier conseil pour les américains qui luttent contre l’effet yo-yo des régimes : Pour quiconque voudrait changer, dit-il, « je lui dirais de noter ce qu’il mange chaque jour, quoi, quand et en quelle quantité. C’est facile à faire. Vous le notez, tout simplement. Puis je regarderai ça attentivement et je réfléchirais à ce que je vais abandonner et par quoi je vais le remplacer. »

Si vous n’avez pas la volonté de le faire pour vous, faites-le pour vos êtres chers. « De nombreuses personnes qui ont une vie bien remplie et sont stressées pensent que manger et disposer d’un certain confort sont leurs récompenses, » dit Clinton. Mais particulièrement à ceux qui comme lui, ont des enfants, il dit que « vous avez la responsabilité de faire de votre mieux pour être en meilleure santé possible. »

Concluant dans la lignée, Clinton me rappelle que « la façon dont nous consommons et ce que nous consommons » est responsable du niveau de non-viabilité des dépenses de santé en Amérique. Pour changer véritablement ce qui nous pousse à prendre de mauvaises habitudes et nous rend en mauvaise santé, il nous met en garde qu’il faut « exiger ces changements en changeant votre façon de vivre. Il faut prendre une décision consciente de changer pour votre propre bien-être, et pour celui de votre famille et de votre pays. »

Article par Joe Conason journaliste freelance, AARP The Magazine. Traduit par Vegan France.

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