La marque française JAROD-π a été créée en 2017 par deux sœurs, Morgane et Roxane, en réponse aux besoins d’une mode durable sans avoir à renoncer au style. Le nom de la marque incarne cet engagement car Jarod-π est le composé de 5 lettres qui signifient : Justice Animal Rights Or Disappearance. Vegan France s’est entretenu avec Morgane à l’occasion de sa prochaine participation à la Vegan Fashion Week qui se déroulera dans quelques jours à Los Angeles.

Que pourriez-vous nous dire sur votre parcours professionnel et sur ce challenge de développer des vêtements véganes et éthiques ?

Initialement j’étais végétarienne. À partir de 2016 ma sœur, Roxane, et moi-même avons opéré un vrai changement, en n’achetant plus de cuir et de laine par exemple. Nous nous sommes progressivement posé les bonnes questions, celles qui trouvaient un écho à nos valeurs. Parmi celles-ci il y avait ce désir de voir des vêtements correspondant à notre éthique. C’est ainsi qu’en 2017 Roxane et moi-même avons créé Jarod Pi en tant qu’entreprise, avec le mot d’ordre suivant : vêtements en série limitée, chaque pièce est numérotée (afin de lutter contre la surproduction), sans matière animale, confectionnés en circuit court, avec des matières premières issues de l’Union européenne!

Le nom lui-même a une signification importante à nos yeux. « Jarod », en plus de sa signification : Justice Animal Rights Or Disappearance il est également le nom d’un chat que nous avons sauvé il y a des années. Quant au terme « Pi »,  la constante d’Archimède témoigne de l’importance de l’équilibre, de la réflexion et de l’harmonie sur ce que nous entreprenons.

Le perfecto MIA de JAROD-π : Coton biologique + Polyester + Polyuréthane recyclé des déchets des océans / waterproof

 

Avez-vous rencontré des problèmes dans la mise en place de votre circuit de confection?

Plutôt oui, surtout lorsque vous recherchez des usines et des artisans au sein même de l’Union Européenne. Beaucoup d’entre eux ont des exigences quantitatives que nous ne pouvions pas nous permettre éthiquement. J’ai pour ma part effectué beaucoup de recherches sur Internet, ainsi que sur plusieurs déplacements et salons. C’est ainsi que nous avons réussi à mettre sur pied toute notre logistique actuelle. Aujourd’hui nous travaillons principalement avec des prestataires français, polonais, italiens et suisses. Cela demande, bien évidemment, une grande rigueur organisationnelle, mais la traçabilité de nos vêtements est excellente, vu que leur confection ne dépasse pas les frontières de l’Europe. Ainsi, l’un de nos articles (un perfecto) est constitué d’un revêtement textile 100% recyclé!

Cette organisation bien particulière n’est pas un hasard, elle répond en toute logique à notre philosophie: consommer moins mais mieux.

Morgane, co-fondatrice de JAROD-π

Arrivez-vous actuellement à vivre de votre activité?

Pas encore, il faut en général trois ans à un entrepreneur quel qu’il soit pour constater les premières retombées commerciales. Je suis confiante en l’avenir car je crois en ces valeurs et je ne doute pas que de plus en plus de personnes y adhèrent. C’est pourquoi je privilégie les circuits courts et les séries limitées, de ce fait je peux aisément aller rendre visite aux prestataires avec lesquels je travaille. Cela me permet de contrôler la qualité des usines, le bien être des employés ainsi que la qualité et les certification des produits, les coûts.

Quels sont vos projets pour l’avenir de Jarod-π ?

Dans un premier temps ce serait d’étoffer la marque bien sûr, en proposant de nouvelles gammes de vêtements, toujours en éditions limitées  et numérotées. Nous allons prochainement lancer une collection pour hommes. Je suis très enthousiaste pour la suite des événements. Nous avons aussi l’opportunité incroyable de participer à la toute première Vegan Fashion Week dans quelques jours. Nous serons présents pour marquer notre engagement pour un futur plus responsable.

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Découvrir la marque via  l’Annuaire Végane : Jarod Pi

 

Article par Sylvain Bernière pour l’association Vegan France.

Le véganisme n’a pas de frontières, et c’est dans le domaine du textile équitable que Vegan France est parti à la découverte de Myriam, jeune femme passionnée par la mode et par la culture végane. Une rencontre qui vaut le détour…

Dans un contexte de mondialisation, où le « Made In Asia » a le vent en poupe, proposer des vêtements fabriqués exclusivement en Europe est un pari audacieux. Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à développer un tel concept?

Après des études dans la mode, j’ai eu l’opportunité de travailler plusieurs années dans la mode, en France, mais aussi au Japon. C’est dans ce pays d’ailleurs que j’ai commencé à entendre parler d’éthique. La communication des grandes entreprises textiles était lisse, et couvrait la plupart du temps une autre vérité, beaucoup plus sombre. Le Made In China était déjà très présent à l’époque, et je ne me posais pas de question. C’est l’association Greenpeace qui m’a ouvert les yeux, à travers plusieurs études concernant la toxicité des vêtements de basse, moyenne… et haute gammes! Un problème de conscience de plus en plus probant s’imposait en moi. Au final, comme les perspectives d’emploi dans le textile équitable était peu fructueuses, je me suis décidé à monter ma propre chaîne de vêtements!

Le véganisme est étroitement lié à votre gamme de vêtements, par le biais du Lin Normand. D’où vous vient ce combat pour la promotion des fibres textiles 100% végétales?

Initialement j’avais commencé mon activité en 2013 en proposant une gamme de vêtements confectionnés avec de la laine. Mon exigence était de travailler uniquement avec des éleveurs ne travaillant pas avec des abattoirs. Progressivement, je me suis aperçu qu’un certain nombre d’éleveurs vendaient leurs moutons pour la laine, mais aussi pour la viande! De plus, beaucoup d’entre eux ne se posaient aucune question d’ordre éthique, alors que la production de laine ne nécessite en aucun cas l’abattage d’animaux. Sans compter la quasi-absence de circuits courts dans ce milieu… En tout logique, je me suis donc tout naturellement tournée vers les fibres végétales, et ce fût une révélation. La plupart des coopératives de lin sont d’ailleurs gérées par quantité de personnes qui partagent mes valeurs éthiques! Je me suis tout de suite senti à l’aise, dans mon élément!

Crédit photo : La Révolution Textile

Crédit photo : La Révolution Textile

Les points de vente, en dehors de votre site internet, sont étonnement nombreux. Et surtout variés! On y trouve des cafés, des friperies, des locaux associatifs, ainsi que d’autres sites internet… Une manière pour vous de toucher un large public?

Je vends essentiellement via des circuits alternatifs. Faute de moyens, je ne participe à aucun salon professionnel, et n’effectue aucune prospection commerciale. Les points de vente indépendants ont cet extrême avantage de pouvoir choisir leurs marques ; Et ce principe d’indépendance est indissociable de la mode éthique. C’est aussi une histoire d’organisation et de confiance. À chaque collection il faut que je fasse attention à mes marges, et que le point de vente en question accepte de prendre un risque. L’éthique est un véritable engagement!

Votre site internet consacre une large place à divers interviews et enquêtes qui concernent les vêtements véganes. Est-ce important pour vous d’informer les clients avant tout achat potentiel?

La transparence est très importante pour moi, ce qui explique pourquoi tous mes certificats sont affichés sur mon site. La transparence compte également pour le prix de mes articles, bien entendu. Mon concept se calque strictement sur le local, et sur ce qui peut être tracé. C’est l’aboutissement d’une longue réflexion. En ce qui concerne mes différents interviews et reportages, il m’a fallut presque dix-huit mois pour les réunir sur mon site. L’information n’est pas un vain mot, et nécessite une investigation poussée. C’est également une forme de respect envers le client… que toutes les marques devraient adopter.

Le process de fabrication de vos vêtements passe par la France, la Pologne et le Portugal. Il nécessite également l’intervention de plusieurs prestataires, afin de garantir une traçabilité exclusivement européenne. N’avez-vous pas rencontré trop de difficultés pour mettre en place tous les rouages de votre chaine de production?

Si si, ça a été dur, car d’un point de vue éthique beaucoup de prestataires ne souhaitaient pas communiquer sur l’origine de certains de leurs produits. D’un point de vue organisationnel, je n’ai trouvé personne en France capable de tricoter le lin, alors qu’il s’agit d’une espèce endémique! Mais à force de pugnacité j’ai fini par trouver ce savoir-faire en Pologne et au Portugal… donc sans quitter le continent européen!

Avez-vous d’autres ambitions pour l’avenir? Comme développer une gamme de vêtements pour hommes, ou pour enfants par exemple?

Au début de mon activité je me suis lancé dans la confection d’une gamme de vêtements destinée aux hommes, mais travaillant seule, et uniquement avec des indépendants, j’ai dû provisoirement arrêter cette gamme car cela nécessitait quantité de stylistes et prestataires supplémentaires! Mes moyens humains et financiers ne me le permettaient pas. Lorsque l’embauche d’employés sera possible, je pourrais à nouveau me lancer dans l’élaboration de gammes à destination des hommes, mais également des enfants et des nourrissons. À suivre donc…

J’aimerais également participer acquérir les moyens financiers qui me permettraient de participer à des salons professionnels, et multiplier ainsi mes circuits de vente. En 2017 j’ai été, pour la première fois, en situation de bénéfice. Je suis donc très confiante pour l’avenir. Un avenir que seuls les clients soucieux de l’éthique peuvent rendre radieux!

Lien: http://www.larevolutiontextile.com/fr/

Crédit photo : La Révolution Textile

Propos recueillis par Sylvain Bernière pour Vegan France.

Rester à la mode tout en défendant la cause animale c’est aujourd’hui possible ! Dans une société à la perpétuelle recherche du dernier article à la mode, Bergthor Bjarnason casse les codes, mais tout en restant « fashion ».

Après avoir travaillé pendant plusieurs années au sein de l’industrie du luxe, c’est une prise de conscience soudaine qui pousse cet homme, créateur de la boutique « Vegan Vogue » et d’origine islandaise, a mêler le luxe au respect de l’animal. Néanmoins, tout ceci n’aurait jamais pu voir le jour sans la participation de nombreuses personnes qui ont cru en son projet et ont choisi d’investir et de l’aider à le réaliser. Bergthor Bjarnason à gentiment accepté de répondre à nos questions à l’occasion du lancement de sa boutique.

Comment avez-vous réussi à faire financer votre projet ?
Bergthor Bjarnason : J‘ai lancé une collecte sur internet avec l‘aide de KissKissBankBank. J‘ai voulu récolter 5.000 euros et j‘ai eu 5.350 euros. J‘ai également mis mes économies dans mon projet. Cela a été un gros travail de communication et j‘ai contacté tout mon entourage, chaque personne souvent une par une.

Comment avez-vous réussi à faire parler de votre projet ?
B. B. : Il y a eu un sursaut de personnes que j‘ai connu il y a longtemps mais avec lesquelles je n‘avais plus de contact, copains d‘école, de l‘université à Reykjavik, etc. Des personnes que je ne connais pas du tout ont voulu soutenir le projet comme une femme qui a donné 100 euros à la fin de
la collecte car elle avait peur que je n‘y arrive pas et elle y tenait ! J‘ai utilisé les réseaux sociaux, Facebook, Instagram, Twitter, Youtube et je me suis rendu compte que faire une vidéo est très efficace. Il y a eu aussi des proches qui ont mobilisés leur entourage pour en parler, partager et diffuser partout autant que possible. Mais au delà de cet aspect monétaire, c’est la volonté d’un homme, fatigué de voir les animaux souffrir pour de la fourrure ou du cuir, qui a permis à Vegan Vogue de voir le jour.

Quel(s) a ou ont été le ou les élément(s) déclencheur(s) ?
B.B. : J‘ai un parcours très luxe alors je voulais montrer que « vegan » ne collait pas forcement avec ringard ou cheveux sales ! Que « vegan » puisse être chic tout en étant sans animaux et un peu plus respectueux de la planète entre autre comme la marque FANTÔME qui est en vente sur mon site qui
fait du recyclage avec de la chambre à air. Il y a presque 10 ans, quand j‘ai travaillé pour la maison Valentino, une de mes clientes m‘a dit « pourquoi vous ne lancez pas un site internet de vente en ligne ? » Cette idée a sommeillé en moi pendant des années car je ne savais pas ce que je voulais
vendre. Avec l‘écologie et le véganisme l‘idée est venue naturellement vers moi : Sacs et accessoires véganes et écolo, voilà !

Gamme FANTÔME sélectionnée par VEGAN VOGUE (chambres à air recyclées).

Marque KWEDER sélectionnée par VEGAN VOGUE.

En quoi votre projet vous tenait-il à cœur ?
B. B. : J‘ai très longtemps vendu du cuir dans plusieurs maisons de luxe, avec le temps cela me dérangeait de plus en plus. Je suis très écolo depuis des années. Il y a plus de 10 ans j‘ai commencé à faire du compost très artisanalement à Paris avec une boite à glace dans ma cuisine que je vidais
dans les parterres de la ville le soir avec une petite pelle. Je voulais que mon travail devienne plus éthique et depuis 2 ans j‘ai arrêté de manger de la viande, puis le lait et petit à petit d‘autres aliments ont suivi. Il m‘est devenu impossible de vendre de la peau d‘animaux souvent en provenance de la Chine … Et que dire de la toxicité ! Je me souviens que le nez nous piquait quand la marchandise sortait des cartons!

Vous avez radicalement changé de direction professionnellement suite à une certaine prise de conscience : quel est le message que vous souhaiteriez diffuser aujourd’hui ?
B. B. : Mon message est qu‘il faut changer de mode de vie ainsi que de mode tout court ! Pour sauver la planète et arrêter l‘élevage des animaux, qui sont tués pour leur viande ainsi que pour leur peau, car cela est en train de tuer notre environnement. Vivre sans viande et sans peau de bête est
possible.

La boutique de Bergthor : http://www.vegan-vogue.com

Article et interview par Aloïse Fillaudeau pour Vegan France.

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