Végéman, le premier kebab végane du Grand Est

 dans Actualité, Économie, Portrait

Depuis son ouverture le 27 novembre 2019, le nouveau restaurant strasbourgeois Végéman met au tapis les clichés sur le végétalisme. Engagé dans une démarche écologique globale, c’est à coup de kebab dürüm (galette turque) que les clients, bien plus souvent curieux que véganes, prennent part au mouvement pour une alimentation 100% végétale.

Végéman est un concept unique fondé par de jeunes entrepreneurs véganes originaires de Strasbourg. Nous avons eu le plaisir d’échanger avec l’un d’entre eux, Pierre-Alexandre Sorbe, co-fondateur du restaurant.

(Photo principale Crédit : Mathilde Cybulski)

Bonjour Pierre-Alexandre, pouvez-vous nous raconter comment est née votre idée de végétaliser le kébab traditionnel ?

Pierre-Alexandre Sorbe, co-fondateur du restaurant Végéman : « Végéman c’est un projet d’entrepreneuriat entre deux amis d’enfance devenus véganes, Cédric Mincato et moi-même (la fiancée de Cédric, Elena Reckewell, fait aussi partie de l’aventure ndlr).  En fait c’est très simple, l’envie de proposer un kebab entièrement végétal était née d’une envie toute personnelle : l’envie de retrouver la sensation du kebab original après avoir adopté le végétalisme. J’ai consommé énormément de kebabs auparavant, le kebab faisait vraiment partie de mon quotidien. Je savais que je pouvais allier mes convictions à l’agréable et que ça pourrait plaire à plein de gens autour de moi.

J’ai voyagé, entre autres, à Berlin où j’ai pu goûter des alternatives véganes au kebab sans pour autant obtenir pleine satisfaction. Je me suis alors lancé dans la recherche de la recette parfaite et j’ai testé de nombreux fournisseurs avec l’aide de Cédric. Cédric et Elena avaient déjà lancé dans la région strasbourgeoise un concept de restauration de burgers véganes Vélicious (voir notre article) qui a rapidement rencontré le succès, c’était le bon partenaire pour faire naître Végéman.

Après plusieurs mois de recherche, on a trouvé notre solution chez un fournisseur exposant au salon Veggie World ! Le projet a nécessité deux ans avant de se concrétiser. »

Ce projet a été en partie financé par une campagne participative. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cette campagne a renforcé votre lancement ? A-t-elle été suffisante pour le financement du restaurant ?

« Nous avons effectivement lancé une campagne de crowfunding sur la plateforme Kiss Kiss Bank Bank pour tester l’intérêt du public. Nous avons été agréablement surpris des nombreux retours enthousiastes et nous avons pu, grâce à la pleine réussite de cette campagne, demander des fonds complémentaires aux banques pour boucler le budget de lancement. En effet, la campagne n’était pas suffisante à elle seule pour réunir les fonds nécessaires. Par contre ce succès a renforcé notre crédibilité auprès de nos interlocuteurs. Nous avons également testé le concept sur le terrain en version Food-truck en festivals. Nous avons pu servir jusqu’à 1000 menus en 2 jours, fatiguant mais vraiment motivant ! C’était une seconde validation de la pérennité du projet Végéman. »

Ouvrir un restaurant fast-food en 2020, de surcroit 100% végétal est une démarche qui doit s’inscrire dans une certaine cohérence écoresponsable. Quels sont ces engagements et la différence de Végéman ?

« Comme vous le soulignez, nous ne pouvions pas lancer un restaurant végane sans engagement écologique. Alors nous n’avons pas reculé devant cette difficulté ! Nos menus sont biologiques, quasiment à 100%. Les légumes sont de saison, issus de circuits courts (Grand-Est). Notre pain est frais, toutes nos sauces sont végétales, bio et faites maison, tout autant que nos nuggets et sticks de faux-mages. C’est aussi une démarche zéro-déchets au niveau des consommables (papier kebab, pot sauces, couvert, pailles, etc.). Même notre fournisseurs d’électricité est vert. Notre engagement « vert » fait partie des valeurs importantes de Végéman et nous continuerons à le développer.

Il faut cependant s’attendre à ce que ces engagements se répercutent sur le prix de notre kebab. A titre comparatif un kebab traditionnel coûte environ 4,50€. Notre kebab coûte 7,50€, mais tout ce qui le compose est vertueux. Nos clients viennent aussi pour cela, car nous participons à l’économie locale et l’économie de l’agriculture biologique, tout en offrant une alternative de restauration 100% végétale et délicieuse. »

Votre image est utilisée dans la communication de la société, notamment sur le papier à sandwich. Pourquoi avoir fait ce choix ?

« Oui, j’ai décidé de me mettre en scène, toujours avec une note de dérision propre à l’esprit Végéman. En fait Végéman c’est moi ! Je souhaite changer l’image du végétalisme, casser les idées reçues, notamment au niveau de la forme physique.  J’ai 32 ans et je fais de la musculation depuis que j’ai adopté un mode de vie végane, j’essaie de donner l’exemple et prouver que c’est aussi une démarche de santé.

Végéman se situe dans un quartier étudiant et populaire, proche du centre-ville. J’aime à dire « de type berlinois ». C’est un mélange d’avant-garde, de non-conformisme, d’art et de militantisme, comme mon style underground (j’ai des extenseurs aux oreilles notamment). Mon engagement pour les animaux, mon engagement pour une alimentation végétale et ma personnalité se traduit naturellement dans l’image de Végéman. »

Toucher à l’image traditionnelle du kebab vous a-t-il posé des problèmes ?

« La plupart de nos clients sont des curieux, même des personnes âgées se laissent tenter par nos kebab véganes. Aujourd’hui tout va bien, mais au début du lancement sur les réseaux sociaux il y a eu quelques personnes sceptiques particulièrement attachées au kebab traditionnel. Notre arrivée à Strasbourg a vraiment bousculé les gens, ça nous a surpris à quel point ça a pu choquer certains de nous proposions un kebab végétal. Mais ensuite on a surtout eu des encouragements car nos produits sont excellents et correspondent à l’aspiration de beaucoup de gens. Nous ne nous voulons pas moralisateurs, mais fournisseurs de gourmandise végétale. »

Maintenant que Végéman est lancé, quel avenir voyez-vous pour l’enseigne ?

« Végéman c’est actuellement 7 employés. Notre vision c’est, si le succès est au rendez-vous, d’ouvrir un second restaurant dans la région. Nous aimerions, Cédric et moi, proposer nos concepts sous forme de franchise burger ou kebab (Végéman ou Vélicious) à tous ceux qui veulent se lancer dans l’aventure de la restauration végétale en France. Nous sommes persuadés que cette restauration a une place de choix dans le futur et nous voulons y prendre part avec nos délicieux kebabs. Alors venez les goûter et en juger ! »

Restaurant Végéman

18 rue des Bateliers

67000 Strasbourg

contact@vegeman.fr

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